7.9/10
Après avoir bousculé la scène punk-hardcore mélodique en 2023 avec leur excellent premier album Would You Miss It?, les natifs de Long Island, Koyo, opèrent un retour fracassant. Disponible via Pure Noise Records, leur deuxième opus baptisé Barely Here relève un défi de taille : ne pas chercher la surenchère ou le chef-d’œuvre pompeux, mais plutôt condenser et sublimer ce que le groupe fait de mieux.
Le constat est immédiat : Barely Here est un disque d’une efficacité redoutable. Étalé sur 10 titres pour seulement 28 minutes au compteur, l’album ne s’embarrasse d’aucun temps mort. Dès l’introduction éponyme, le quintet nous plonge dans un torrent d’énergie brute. Les guitares s’entremêlent avec une précision chirurgicale, portées par la voix habitée et viscérale de Joey Chiaramonte. La production, une nouvelle fois confiée à leur collaborateur de longue date Jon Markson (connu pour son travail avec Drug Church ou Drain), offre un équilibre parfait entre la rugosité du hardcore et la clarté de la pop-punk du début des années 2000.
Le groupe cite volontiers ses influences majeures, et on ressent pleinement l’héritage de figures locales comme The Movielife ou Taking Back Sunday. Pourtant, Koyo dépasse le simple exercice de nostalgie. Le morceau « Selden Mansions », qui culmine à trois minutes et demie (le plus long de l’album), démontre une superbe maturité atmosphérique, tandis que les featurings de Sammy Ciaramitaro (Drain) sur « Saying vs Meaning » et de Marisa Shirar (Fleshwater) sur « Oxidize » apportent un relief et un dynamisme indéniables.
Court, incisif et mémorable, Barely Here s’impose comme un instantané parfait d’un groupe en pleine possession de ses moyens. Koyo a choisi d’épurer son style pour n’en garder que le muscle et l’émotion. Une formule sans fioritures qui s’écoute en boucle et s’avère déjà indispensable pour l’année 2026.

