Au cœur de la bouillonnante scène new-yorkaise, le collectif VPC Ensemble, dirigé par Dash Lunde, nous livre un projet fascinant : Life Is a Strange Loop: Side A. Plus qu’un simple EP, c’est une expérience sensorielle redéfinissant le jazz atmosphérique.
Né du vertige existentiel accompagnant la paternité de Lunde, ce disque puise son essence dans les théories de la conscience de Douglas Hofstadter. Le résultat ? Une méditation récursive où l’univers s’observe lui-même et les pépites ne manquent pas dans ce beau projet. Sur New Life, les textures vocales sans mots s’entrelacent à l’alto électrique pour créer une tension organique immédiate, tandis que Timeless offre une flûte aérienne, véritable sanctuaire contre l’isolement numérique.
On ne peut le qualifier de pur ambient, ni de jazz traditionnel. C’est du « space jazz ambiant psychédélique ». Ce disque exige une écoute active, s’inscrivant dans la lignée de Laraaji ou Harold Budd, proposant une méditation sonore exigeante.
« Voir la vie commencer, c’est voir sa propre existence se replier sur elle-même », confie Lunde. Cette sensation de cycles imbriqués — répétitifs mais en mutation — imprègne chaque note. Pour VPC Ensemble, la musique devient un rituel de présence humaine. Alors que le collectif prépare la sortie de l’album complet, agrémenté d’éditions vinyles et de talismans protecteurs, une chose est sûre : Life Is a Strange Loop: Side A est une invitation à accepter la beauté déroutante de notre propre boucle. Une immersion nécessaire dans un monde qui, finalement, ne tourne jamais tout à fait en rond.

