Depuis Phoenix, Allan Jamisen façonne patiemment une œuvre à la croisée des arts. Compositeur autant que peintre, il avance par touches, par textures, par atmosphères. Avec “This Is Not an Act”, il signe une pièce qui ressemble moins à un simple single qu’à une scène nocturne éclairée à la bougie.
Le morceau s’ouvre sur une basse ample, presque tellurique, et une voix parlée qui murmure comme un secret : “take me away”. On entre alors dans un club imaginaire, entre jazz lounge et décor cinématographique. Le saxophone glisse avec souplesse, la flûte vient caresser les silences, et les nappes électroniques enveloppent l’ensemble d’un voile brumeux. Jamisen joue sur la suggestion plus que sur la démonstration. Sa diction, à la fois assurée et vulnérable, installe une tension douce, sensuelle, jamais forcée.
Mais sous cette élégance sonore se cache une réflexion plus profonde. “This Is Not an Act” interroge l’authenticité, la mortalité, le dialogue intérieur avec ce “soi supérieur” qui pousse à grandir au-delà des fautes passées. L’artiste évoque aussi le lien invisible avec les êtres disparus, comme une conversation silencieuse qui traverse le temps.
Au fil des cuivres et des chœurs soul, le titre devient une confession feutrée. Allan Jamisen ne joue pas un rôle : il se révèle, dans toute la fragilité et la beauté de l’instant.

