Dans le paysage pop-folk, certains projets brillent par leur capacité à suspendre le temps. Avec « Bells of Silver », le projet suédois Arn-Identified Flying Objects and Alien Friends — mené par le talentueux Arne Floryd — livre une pépite de nostalgie lumineuse. Ce single, éclaireur d’un album complet attendu pour mai 2026, s’impose d’emblée comme un classique instantané.
L’exercice de style est ici double. Floryd a façonné deux versions de cette œuvre : l’une en suédois, l’autre en anglais. Loin d’une simple traduction, la déclinaison anglophone explore une cartographie intime et universelle. Le morceau s’écoute comme un hommage vibrant à ses enfants et petits-enfants. En filigrane, il dessine le récit universel du passage à l’âge adulte, jalonné de clichés instantanés de sa propre enfance.
Sur le plan sonore, l’artisanat est irréprochable. La chanson respire grâce à une production organique qui évite soigneusement les pièges de la surproduction moderne. La batterie d’Andreas Quincy Dahlbäck insuffle un groove à la fois souple et dynamique, tandis que le grand David Myhr magnifie l’ensemble. Ce dernier, véritable couteau suisse de la session, habille le morceau de nappes chaleureuses à l’orgue Hammond et de chœurs aériens, directement inspirés des Beach Boys.
En résulte une ballade folk-rock d’une immense tendresse, où les guitares scintillantes résonnent comme les cloches du titre. Arn-Identified Flying Objects and Alien Friends signe ici une œuvre chorale et intergénérationnelle, prouvant que la mélancolie, lorsqu’elle est partagée avec autant de sincérité, devient une immense source de chaleur.

