Bolivard ne fait jamais rien comme les autres, et c’est précisément là que réside sa force. Avec son nouveau single intitulé « Autisme », l’électron libre de la pop française livre bien plus qu’une simple piste électro-pop : il ouvre une fenêtre sur les doutes qui ont jalonné sa propre construction identitaire.
Loin de l’autodiagnostic médical ou de la revendication clinique, l’artiste précise d’emblée sa démarche : ce morceau est une lettre adressée à l’adolescent de quinze ans qu’il était, ce garçon qui ne comprenait pas pourquoi il se sentait systématiquement en décalage, « hors ligne » face au reste du monde. Bolivard confie d’ailleurs ne jamais avoir cherché de diagnostic formel, préférant cultiver ce flou artistique plutôt que de s’enfermer dans une case.
Le titre capture avec une justesse organique ce sentiment d’étrangeté omniprésent. À travers ses synthétiseurs ludiques et son texte à la fois naïf et profond, il s’adresse à tous ceux que la société qualifie de « chelous ». Sa thèse est simple mais percutante : la normalité n’est qu’un décor de théâtre. « Personne n’est vraiment normal, il y a juste beaucoup de gens qui sont très doués pour faire semblant », suggère-t-il entre les lignes.
En transformant ses questionnements intimes en un hymne universel pour la neurodiversité, Bolivard signe une œuvre touchante. Il nous rappelle que l’incompréhension de l’autre n’est pas une pathologie, mais souvent le signe d’une sensibilité qui refuse de porter le masque de la conformité.

