La talentueuse productrice française Eleanor Idlewood a dévoilé Bennett Tell Me, un EP saisissant de cinq titres uniques. Étudiante à Berklee Online, l’artiste indépendante livre ici une œuvre darkwave profondément cinématographique, entièrement façonnée au sein du Argonne Sound Lab. De l’écriture jusqu’au mastering final, son autonomie totale insuffle une authenticité brute à ce projet organique.
Bennett Tell Me transcende le simple format musical pour raconter une tragique histoire d’amour queer. C’est le récit de Bennett, un hacker contraint de fuir, et de Marty – dont la voix habite magnifiquement les morceaux – resté seul à consumer son attente. À travers cette absence douloureuse, le deuil et la nostalgie se confondent dans une dérive nocturne obsédante.
Musicalement, Idlewood puise sa force et son inspiration dans les textures sombres de Depeche Mode (Music for the Masses) et les arrangements de Fleetwood Mac (Tango in the Night). L’EP balance habilement entre synthétiseurs vintages des années 80, mélancolie ambient et pulsations de club rétro. La face B, Benedict, abandonne d’ailleurs toute percussion pour laisser place au piano Mellotron et à des bruits de rue, capturant magnifiquement l’essence même de la solitude urbaine.
Prélude immersif à son deuxième album en préparation, cet EP s’écoute comme on regarde un film noir, le regard perdu derrière une vitre rétroéclairée. Les éditions physiques, prévues pour le mois prochain, scelleront l’univers de cette œuvre vibrante et poignante. Eleanor Idlewood signe un manifeste synthétique sur le vide de l’être aimé, une attente infinie matérialisée en ondes sonores. Un chef-d’œuvre absolu de pure vulnérabilité.

