Après vingt ans de silence radio pour se consacrer aux siens, le pionnier texan Clay DuBose orchestre un retour magistral. Paru sous sa propre structure, Lazy River Records, son nouvel opus Father Time & Mother Nature s’impose d’emblée comme une œuvre majeure de l’Americana moderne.
Enregistré à Los Angeles sous la houlette de Ted Russell Kamp, le disque rassemble une impressionnante constellation de fines gâchettes de la guitare, incluant Dean Parks, Doug Pettibone et le regretté Neal Casal. Ensemble, ils tissent un canevas sonore organique où s’entrelacent blues, country et rock. Au centre de ce dispositif, la voix rare de DuBose fait des merveilles, s’étendant sur quatre octaves pour combiner intensité rock et narration roots.
Nourri par les épreuves de la vie — le deuil de son père, la naissance de sa fille et la fragilité révélée par la pandémie —, l’album navigue avec une immense justesse entre mélancolie et résilience . Le vibrant hommage de When Heroes Say Goodbye salue les icônes rock disparues. En contrepoint, le single dynamique Winning Streak utilise des métaphores de jeu pour parier avec brio sur le renouveau amoureux.
Plus intimiste, la poignante ballade I Hope You’re Watching s’adresse directement à son défunt père. C’est d’ailleurs à ce dernier qu’il rend un ultime hommage en clôturant l’album avec une reprise épurée de Scotch & Soda, le classique du Kingston Trio qui a bercé son enfance. Clay DuBose prouve ici avec force que les grandes chansons ne font que se bonifier avec le temps.

