Écouter « Jukebox Brawl » de Coleman Easterly, c’est pousser les portes battantes du Rusty Nail, un rade poisseux du Tennessee, un vendredi soir survolté. Si vous n’êtes pas comme nous habitués de ces moments, l’artiste vous embarque dans une narration addictive qui va vous happer dès les premières mesures.
Le rythme lourd et les guitares saturées dressent un mur de son brut tandis qu’une dispute éclate près du juke-box. Deux clientes têtues s’y affrontent pour imposer leur morceau. Inspirée d’une véritable bagarre dans un Waffle House, l’histoire prend vie sous la plume du compositeur Keith Mohr. Dans un clip savoureux, ce sont les propres épouses des musiciens qui miment cette rivalité féroce sous les yeux d’une foule hilare.
La force du titre réside dans l’authenticité d’Easterly. Ayant grandi en chantant dans l’atelier de menuiserie familial, le natif du sud-est du Tennessee possède une voix rocailleuse unique, trempée dans un accent du terroir. On s’y croirait : installé au bar, une bière fraîche à la main, observant ce joyeux chaos. Quand le solo de guitare final retentit, l’énergie rock-country devient irrésistible. Les clients quittent leur tabouret pour rejoindre la piste, prêts à faire claquer leurs bottes ou à chercher la bagarre.
Malgré l’arrivée inévitable de la police pour calmer le jeu, la promesse est scellée : le week-end prochain, on recommence. Easterly signe ici un hymne honky-tonk électrique et jubilatoire, idéal pour dynamiter les playlists. À l’intérieur, tout peut arriver tant que les verres se vident et que les amplis rugissent.

