Certains artistes figent le temps quand d’autres le mettent en mouvement. Dardust appartient à cette seconde lignée, celle des bâtisseurs d’horizons. Fraîchement auréolé par l’éclat de la cérémonie d’ouverture des Jeux Paralympiques de Milano Cortina 2026, l’Italien Dario Faini ne se contente pas de savourer son succès olympique. Il livre avec We Only Love Spaces and Doors un EP qui respire l’urgence du départ et la beauté de l’inconnu.
Derrière ce titre en forme de manifeste se cache une véritable philosophie du geste. Dardust rejette le miroir, ce reflet statique de ce que nous sommes déjà, pour lui préférer la porte. La porte, c’est le courage ; c’est ce point de bascule vital entre la séparation et la rencontre. Composé dans l’effervescence des préparatifs des Jeux, ce disque absorbe les valeurs de transformation : ici, la limite n’est plus un obstacle, mais une nouvelle possibilité d’exister.
L’EP s’ouvre sur « We », où le piano dialogue avec le Trio Cavalazzi dans une harmonie organique, avant que « only Love » ne déploie les cordes sensibles de Davide Rossi et une rythmique délicate et qui vous donne envie de bouger. Avec « Spaces », l’auditeur est projeté dans une architecture sonore aérienne, pour finalement atteindre « and Doors », conclusion symbolique où les verrous sautent enfin. Ce n’est plus seulement de la musique, c’est une invitation physique à traverser le seuil.
Dardust déploiera cette vision habitée sur les scènes européennes en mai prochain. Entre Londres et Lisbonne, son escale à Paris s’annonce comme l’un de ces moments suspendus où, le temps d’un concert, les murs s’effacent pour laisser place à l’infini.

