Le premier effort du duo athénien Dead dégage une force profondément magnétique. Intitulé Trash, cet album s’impose d’emblée comme un véritable manifeste de la scène indépendante actuelle. Né d’une amitié de toujours entre Ioannis Vranas et Ioannis Kanakis, le projet puise ses racines dans le bitume pour viser courageusement les sommets.
Loin des productions lisses, Trash frappe par son refus absolu du compromis numérique. Tout ici est organique : aucun instrument programmé, aucun sample artificiel. Enregistré dans la maison du défunt grand-père de Kanakis — un lieu hautement symbolique —, le disque respire la nostalgie et la vérité. En disposant des micros aux quatre coins des pièces, le duo capte une résonance ambiante unique qui rappelle la liberté des sessions historiques des Beatles.
Cette approche vivante sublime des morceaux poignants. Des titres phares comme Sunday Morning qui ouvre le projet, donne le ton, de la délicatesse mélodique, des lignes de chant raffinées, vous êtes emportés dès les premières mesures. Trash qui a donné son nom au projet est aussi à signaler. La chanson commence par une très chaleureuse ligne de guitare, s’impose comme un single à fort potentiel car les mélodies sont familières, une belle bande originale pour votre été qui approche à grand pas. Gun Down qui ferme le projet est aussi à signaler, sans aucun doute notre chanson préférée du projet. Ici le duo nous emporte dans une ballade aux accent indie folk, des aires de Angus and Julia Stone, une belle promesse pour l’avenir.
Techniquement la texture sonore du projet, magnifiée par des guitares Fender Stratocaster branchées sur des consoles analogiques et un Tascam 4 pistes, trouve sa chaleur finale dans un matriçage rigoureux sur bandes magnétiques. Sous cette armure lo-fi inspirée de Car Seat Headrest, les chansons s’élèvent pour offrir une vibrante lueur d’espoir, portée par la sincérité de l’amour et de l’amitié. Un coup d’essai brut, honnête et d’une nécessité absolue.

