Attachez vos ceintures, le moteur monte en régime. Avec leur nouveau single intitulé « Fuel », le trio berlinois Dina Summer ne se contente pas de remplir le réservoir : il met le feu aux poudres. Ce morceau, véritable fil électrique dénudé, puise sa force brute dans l’héritage de l’electro des années 90 et de l’EBM (Electronic Body Music) la plus rigoureuse.
Dès les premières mesures, l’ambiance est posée : sombre, insistante, presque menaçante. La production brille par une précision mécanique où chaque élément semble assemblé sur une ligne de montage futuriste. Les synthétiseurs ricochent telles des étincelles parcourant un câblage haute tension, tandis qu’une ligne de batterie métallique évoque le martèlement incessant d’une machinerie industrielle en pleine cadence.
Au centre de ce chaos contrôlé, la voix de Dina s’élève. Sa prestation en spoken word, glaciale et souveraine, transperce le mixage pour capter instantanément l’attention. Elle n’interprète pas, elle ordonne, agissant comme le chef d’orchestre d’une transe hypnotique. Pour les puristes, la « version étendue » est indispensable : elle propose un outro en roue libre, poussant la machine à plein régime jusqu’à l’épuisement des circuits.
« Fuel » est plus qu’une simple piste de danse ; c’est une expérience organique et nocturne qui confirme le statut de Dina Summer comme l’un des projets les plus excitants de la scène électronique actuelle. Un titre à consommer sans modération, de préférence dans l’obscurité d’un club moite, pour en ressentir chaque vibration industrielle.

