Entre ombre et lumière, le projet franco-monégasque DON DEVAR s’impose comme une anomalie captivante dans le paysage musical actuel. Derrière un masque énigmatique qui efface toute identité pour mieux laisser place à l’universel, le créateur dévoile « Béatrice », un single incandescent qui refuse les cases étanches.
Nourri par quinze années d’expériences éclectiques — du métal au rock en passant par le reggae —, le musicien insuffle ici une esthétique unique. On y croise l’énergie alternative et industrielle des années 90, rappelant Nine Inch Nails ou Marilyn Manson, subtilement mariée à l’élégance électronique de la French Touch de Daft Punk ou Sébastien Tellier. Le résultat ? Une pop française sombre, cinématographique et viscérale, portée par des refrains puissants.
Inspirée par La Divine Comédie de Dante, cette composition transcende la figure originelle. L’homme prêt à descendre aux enfers pour l’élue de son cœur opère ici une véritable descente intérieure, explorant nos parts d’inconscient et d’émotions brutes. Mais la force du morceau réside dans son refus du contrôle : Béatrice reste insaisissable et libre, rappelant que des pans entiers de l’existence et des sentiments échappent à toute possession.
À travers ce mariage audacieux entre rudesse industrielle et sensibilité pop, DON DEVAR livre une pièce poignante et profondément humaine. Une exploration cathartique où l’intime tutoie l’universel, confirmant tout le potentiel d’un artiste en pleine réinvention.

