Originaire de Tucson en Arizona, Sammy Newyear incarne jusqu’au bout des ongles l’esprit du DIY. En composant, enregistrant et produisant l’intégralité de sa musique directement depuis sa chambre, l’artiste façonne un univers pop synthétique vibrant, façonné au fil de ses déménagements successifs. De cette expérimentation intime, étalée sur trois appartements différents, est né pink punk (special edition), un projet sincère qui explore les méandres sentimentaux de la vingtaine.
Puisant ses influences chez des pionniers de l’auto-production comme George Clanton, underscores ou gabby start, Sammy livre une œuvre à la fois sentimentale et audacieuse. Il y apprend à apprivoiser le logiciel Ableton tout en revisitant les codes de la pop. L’album oscille avec brio entre l’euphorie nostalgique du titre ur special — écrit au tout début d’une relation amoureuse qui dure désormais depuis sept ans — et l’amertume de problems, morceau poignant abordant le poids des amours à sens unique et le rôle d’improviser un soutien psychologique pour son partenaire.
L’album réserve également des détours créatifs inattendus, à l’image du morceau LA, né de l’immersion de l’artiste dans le jeu de gestion urbaine Cities: Skylines. Mais l’histoire de ce disque reste aussi indissociable d’une épreuve personnelle. Peu après sa sortie initiale au printemps, le deuil brutal provoqué par la perte de son chat Pussyman a plongé Sammy dans une période d’arrêt total, mettant en pause toute démarche de promotion.
Aujourd’hui apaisé, l’artiste revient défendre ces chansons pour leur offrir l’écho qu’elles méritent. Entre mélodies accrocheuses et textures électroniques intimistes, Sammy Newyear réussit le pari de transformer ses fêlures en hymnes cathartiques. Comme le résume parfaitement sa propre philosophie : « Parfois, il faut danser tout en pleurant. » Un voyage sonore touchant et authentique à découvrir d’urgence.

