Le trio de Chicago French Inhaler revient avec un nouveau single, « Plastic Ocean », et le résultat sonne comme une lettre d’amour adressée à la new wave des années 80, écrite avec les préoccupations bien réelles de 2026. Le morceau tisse ensemble post-punk, new wave et indie pop pour transformer l’anxiété environnementale en un hymne électronique aussi inquiétant qu’entêtant.
L’influence des pionniers du genre se fait sentir à chaque écoute. On pense à The Cure pour la texture émotionnelle, à Joy Division pour la retenue, à Kraftwerk pour la froideur mécanique des synthés. Le groupe partage aussi une évidente parenté avec des formations contemporaines comme Nation of Language, qui explorent ce même carrefour entre héritage analogique et sensibilité actuelle.
Musicalement, « Plastic Ocean » repose sur une ligne de basse vive et assurée qui porte l’ensemble du morceau sans jamais l’écraser, tandis que les nappes de synthétiseurs se déploient par vagues, façonnant un espace sonore vaste, chaleureux et légèrement mélancolique. Cette construction patiente évite l’écueil de la surcharge et laisse respirer chaque élément.
Ce qui frappe surtout, c’est la manière dont French Inhaler évite le piège du pastiche. Le groupe convoque les codes sonores du début des années 80 sans jamais tomber dans l’imitation pure, préférant une production soignée et des mélodies mémorables à la simple nostalgie décorative.
Avec ce titre, French Inhaler confirme sa place dans la vague actuelle de la synth-pop alternative : un son ancré dans le passé, mais résolument tourné vers les inquiétudes du présent.

