Il est des morceaux qui semblent avoir été sculptés dans la glace et le vent. Avec son premier single, Alone Again, le musicien britannique hewy993 nous livre bien plus qu’une simple chanson : il capture l’instant précis où une relation se fissure irrémédiablement.
Originaire du Nord-Est de l’Angleterre, l’artiste infuse dans sa musique la rudesse de ses paysages natals, tout en y injectant une chaleur synthétique saisissante. Produit par Chad Rodgers, le titre s’appuie sur une nappe de synthétiseurs hypnotiques qui n’est pas sans rappeler les expérimentations texturées de Big Red Machine ou la mélancolie habitée de Bon Iver. La voix, d’une tendresse fragile, semble flotter au-dessus d’une instrumentation qui évoque les ciels bas et les sessions d’enregistrement hivernales à North Shields.
L’organique et le numérique se percutent ici avec une rare élégance. Si le rythme est celui d’une « lamentation au synthé », le clip réalisé par Rob Irish sur les landes du North Yorkshire vient ancrer le son dans une réalité physique, presque glaciale. On y ressent l’influence d’un voyage à Riga, une esthétique d’Europe de l’Est qui transparaît dans cette atmosphère de désolation magnifique.
Alone Again n’est pas seulement une chanson sur la rupture ; c’est une exploration de la solitude retrouvée. En parvenant à transformer l’intime en un paysage sonore vaste et cinématographique, hewy993 signe une entrée remarquée sur la scène indépendante. Une promesse de mélancolie lumineuse que l’on a hâte de voir grandir.

