Six ans jour pour jour après leur éclosion virale durant le confinement, la Marsh Family transforme l’essai avec Hollow Chapters. Ce premier album s’éloigne des parodies potaches pour dévoiler une œuvre de « folk-pop » habitée, où les harmonies vocales des deux parents et de leurs quatre adolescents s’entrelacent avec une sincérité désarmante.
Loin des productions lisses, ce disque revendique un style vintage et organique, laissant respirer d’authentiques imperfections qui font tout son sel. Le voyage sonore est vaste : on y croise des rythmes reggae-rock surprenants, du funk énergique, mais surtout des ballades acoustiques poignantes. Le groupe puise sa force dans des analogies naturelles et des récits épiques pour aborder la résilience face à un monde sous tension.
Chaque membre de la famille prête sa voix à des thématiques universelles. De la mythologie grecque dans le titre éponyme aux hommages vibrants pour les héros modernes — comme Alexei Navalny dans Sit for the Road ou les manifestants iraniens dans Zan Zendegi Azadi —, l’album navigue entre colère, deuil et espoir. You Were Gone touche au cœur par sa fragilité, tandis que The Falconer évoque une nostalgie rurale bercée par le cycle des saisons.
Hollow Chapters n’est pas qu’une collection de chansons ; c’est un manifeste de solidarité. En fusionnant l’énergie de la pop avec l’âme du folk, la Marsh Family signe un disque profondément humain, rappelant que la musique reste l’outil ultime pour forger une action collective et soigner les âmes égarées. Une réussite touchante.

