Dès les premières mesures de « Imposter Syndrome », Boj impose une atmosphère nerveuse, presque palpable, comme si la musique portait en elle les contradictions qu’il s’apprête à dévoiler. Le pionnier de l’Alté nigérian réapparaît avec Duplicity, un sixième album façonné autour de cette tension intérieure, entre assurance et incertitude, entre éclat public et murmures privés.
Ce single, porté par la présence magnétique d’Obongjayar, n’est pas qu’une collaboration de prestige : c’est un dialogue. Les deux artistes avancent sur un fil, mêlant énergie Afropop, basses souples et éclats mélancoliques. La production de Genio, fidèle allié de Boj, sculpte un espace où la vulnérabilité peut danser sans jamais perdre son élégance.
Dans Duplicity, Boj se révèle à travers une mosaïque de textures sonores : moments feutrés, impulsions plus sombres, instants presque hédonistes. Chaque piste joue avec cette idée de double face, celle d’un artiste qui maîtrise son groove autant qu’il expose ses failles. Le disque se lit comme un autoportrait mouvant, sincère, parfois contradictoire — profondément humain.
« Imposter Syndrome » en devient l’entrée idéale : une confession mise en rythme, une invitation à suivre Boj dans une exploration où la force et le doute coexistent. Un retour affirmé, subtil, et surtout vibrant d’authenticité.

