Depuis son appartement de l’est londonien, Greg Zucker compose seul, sous le nom de Land Mass, une pop indé profondément intime. Son nouvel EP, Fading, en est la démonstration la plus aboutie.
Cinq titres suffisent à Zucker pour tisser un univers cohérent tout en explorant des registres contrastés. On passe des nappes sonores amples et enveloppantes de « I’ll Follow You » à l’énergie plus pop et enlevée de « Trojan Horses », sans jamais rompre le fil narratif de l’ensemble. Cette capacité à faire coexister diversité et unité trahit une vraie maîtrise de l’écriture et du rythme émotionnel.
L’influence de groupes comme Nothing ou Slowdive affleure dans les textures atmosphériques, tandis que le sens du récit mélancolique évoque The National, et l’introspection hantée rappelle Gravenhurst ou Sparklehorse. Pourtant, Land Mass ne se contente pas d’assembler des références : le projet trouve une voix propre, à la fois familière et singulièrement pudique.
Fait notable, Zucker a écrit, enregistré et mixé l’intégralité de l’EP seul, sans aucune intervention extérieure — un choix qui confère à Fading une authenticité brute, presque habitée qui s’entend dès les premières mesures.
Au-delà de l’exercice musical, cet EP semble surtout avoir été une nécessité personnelle. Zucker confie avoir composé ces morceaux pour l’aider à traverser des épreuves difficiles, sans intention première de les publier. Le disque serait finalement devenu, selon ses mots, une manière de « tourner la page ».
Fading n’est donc pas seulement un EP soigné et cohérent : c’est le témoignage d’un artiste qui transforme la nécessité en art, et qui invite, presque malgré lui, à entrer dans son intimité.

