L’auteur-compositeur indépendant Lee Miller Matsos revient avec « Change », deuxième single tiré de son EP à venir, Metamorphosis, Part 3. Après un parcours qui l’a mené de l’opéra et de la comédie musicale à une pop rock théâtrale et habitée, l’artiste basé à Manchester signe ici sa proposition la plus audacieuse à ce jour.
Enregistrée au mythique New Monkey Studio de Los Angeles sur une console vintage Trident des années 1970 — celle-là même qu’ont utilisée Phoebe Bridgers et The Police — la chanson marie les textures chaudes et légèrement chevrotantes d’un Mellotron d’époque à une écriture brute, presque à vif. On y sent l’empreinte du Radiohead expérimental des années 90 : nappes atmosphériques, tension feutrée, refus des évidences.
Car « Change » ne cherche pas à séduire par la mélodie facile. C’est avant tout une chanson sur la lucidité, sur ce moment fugace où l’on se regarde et où l’on ne se reconnaît plus tout à fait. Matsos y explore un paradoxe intime : celui de l’acceptation de soi comme préalable, et non comme aboutissement, du changement. Il confie avoir longtemps cru qu’il fallait d’abord tout ranger, tout maîtriser, avant de pouvoir évoluer — avant de comprendre que la transformation commence plutôt par accepter qui l’on est, ici et maintenant.
Ce titre s’inscrit dans la continuité thématique du projet Metamorphosis, où Matsos creuse depuis plusieurs années le même sillon : celui d’un chemin non linéaire entre douleur et apaisement. Avec « Change », il pousse cette exploration vers un territoire plus sombre et plus organique, loin des cases pop où on pourrait vouloir l’enfermer.

