Le garage punk a trouvé son nouvel hymne de l’insoumission. Avec leur dernier single 30 Dolls, le duo new-yorkais St. Divine, mené par Will Croxton et Judy Ann Nock, signe un brûlot politique d’une efficacité redoutable. Écrit pour résonner lors des manifestations No Kings, ce morceau s’attaque frontalement et sans concession à la figure de Donald Trump.
L’étincelle de ce titre ? Une phrase absurde de l’ancien président suggérant que les petites filles n’avaient pas besoin de « 30 poupées à Noël ». Judy Ann Nock s’empare de cette réplique pour la recracher avec un venin salvateur. Elle égrène, couplet après couplet, une critique féroce de l’incompétence, de la corruption et des scandales d’État, de l’Iran à l’île d’Epstein.
Musicalement, le titre captive par sa tension brute. Le batteur Mike Ratti propulse le morceau à un rythme effréné, évoquant une marche de protestation sous caféine. La guitare de Will Croxton gronde en arrière-plan avant d’exploser dans un final dantesque. L’ensemble rappelle la fureur habitée du Two Headed Dog de Roky Erickson, enrichi d’une touche insolite : des chœurs quasi religieux qui singent ironiquement les chants patriotiques.
Originaire du Sud humide mais solidement ancré dans le bitume new-yorkais, St. Divine prouve qu’il porte le flambeau de la contestation depuis bien plus longtemps que la nouvelle génération. « C’est un rat malade et acculé dans son stupide chapeau rouge », assène la chanson. Un réveil punk indispensable pour 2026.

