Dans le paysage pop indépendant moderne, rares sont les projets qui marient si bien l’artisanat absolu et l’éclat mélodique. Avec leur nouveau single Be, le talentueux duo londonien Apple Eyes — composé de Claire Hadidjenar et Matthew Walker — signe un véritable bijou de la synth-pop, enveloppé d’un halo de nostalgie réconfortante.
Né peu après l’adoption de leur chatte Lucille, ce morceau chaleureux capture l’essence même des imprévisibles détours et rebondissements de l’existence humaine. Mais au-delà de la poésie intime de ses textes profonds, c’est le processus de création autonome qui force le respect. Enfermés dans leur home studio de Londres, les deux multi-instrumentistes diplômés ont tout orchestré de bout en bout : de l’écriture au mixage final, en passant par la production globale. Poussant l’innovation technique encore plus loin, ils ont même programmé leur propre plug-in de synthétiseur personnalisé, affectueusement baptisé « Lucille », pour donner au titre sa texture sonore unique.
Le résultat ? Un hymne d’une grande fraîcheur, propulsé par des rythmes solaires et une basse irrésistible. On y décèle l’élégance robotique de Daft Punk, la pop inventive d’Of Montreal et la voix captivante de Claire, qui survole habilement des arrangements d’une précision chirurgicale. Ce contrôle créatif total confère à l’ensemble une authenticité organique vibrante, loin des productions calibrées de l’industrie.
Véritable bonbon auditif, Be s’impose comme une œuvre totale et audacieuse, confirmant qu’Apple Eyes possède toutes les armes nécessaires pour redéfinir la scène indie actuelle. Une immersion sonore hautement recommandée, à écouter en boucle.

