Flame possède cette capacité rare de rester profondément insaisissable. Le quintette de rock alternatif originaire d’Édimbourg refuse de choisir ses armes, préférant tresser ensemble le grunge, le shoegaze, la folk et le funk. Le résultat donne une musique perpétuellement en mouvement, d’une humanité douloureuse. Après s’être fait remarquer avec les singles « Naive » qui ouvre le projet avec des riffs incisifs et « Heat » qui s’inscrit dans un univers plus aérien, le groupe franchit aujourd’hui un cap décisif avec la sortie de son premier EP live, Medea In Blue.
Capturer l’essence d’un concert reste un exercice périlleux, mais Flame réussit magistralement à mettre son énergie en bouteille. Composé de six titres vibrants, cet opus fonctionne comme une invitation sans filtre dans leur espace scénique. À l’image du personnage mythologique de Médée — féroce, complexe, habitée et impossible à quitter des yeux —, l’EP fascine par sa dualité.
Musicalement, Flame déploie ce qu’on pourrait qualifier de « prog-gaze ». C’est un cadre sonore audacieux où les guitares électriques lourdes du grunge et les nappes éthérées du shoegaze se heurtent aux rythmiques chaloupées du funk et à la douceur du soft rock. Au cœur de ce maelström, le groupe installe des questionnements existentiels profonds, transformant ainsi chaque morceau en catharsis collective.
Loin des productions lisses, Medea In Blue brille par son authenticité organique. C’est le témoignage gravé dans le vif d’un groupe en pleine possession de ses moyens, qui ne triche absolument jamais. Flame ouvre grand les portes de son univers : un premier voyage enregistré en public intense, indomptable, dont on ne ressort pas tout à fait indemne.

