Il y a des morceaux qui ne se contentent pas d’être écoutés ; ils se contemplent. Avec « Cyanometer », premier extrait de son futur album Wunderkammer, le musicien londonien Pocket Lint nous ouvre les portes de son cabinet de curiosités sonore. Si l’instrument original de Saussure mesurait l’azur du ciel, Pocket Lint détourne l’objet pour sonder une tout autre profondeur : la quantité de bleu nichée à l’intérieur d’un être humain.
Dès les premières mesures, l’immersion est totale. L’artiste délaisse la froideur numérique pour une texture organique, presque palpable. Le morceau repose sur un équilibre fragile et magnétique entre des synthétiseurs vaporeux et des boîtes à rythmes tout droit sorties des années 80. Cette pulsation rétro, loin d’être nostalgique, sert de métronome à une introspection mélancolique. Les guitares, subtilement entrelacées à la trame électronique, apportent une chaleur humaine qui vient souligner la voix, comme un pinceau déposant une couche de bleu de Prusse sur une toile blanche.
Plus qu’une chanson, « Cyanometer » agit comme un prélude conceptuel. Chaque titre de l’album Wunderkammer représentera un objet de cette collection imaginaire, et ce premier artefact place la barre haut. Pocket Lint réussit le pari de transformer une donnée scientifique en une émotion pure, explorant la tristesse et la sérénité avec une précision d’orfèvre.
En attendant de découvrir le reste de sa chambre des merveilles, on se laisse volontiers submerger par cette vague azur, à la fois familière et mystérieuse. Une réussite éclatante de la « noir pop ». Nous allons vous recommander de prendre quelques minutes de respiration et de plonger dans cette belle surprise ci-dessous :

