Loin des formats calibrés de l’industrie commerciale, le multi-instrumentiste britannique Alex Paton dévoile son nouvel EP intitulé « When the Water Came », conçu comme un manifeste immersif. Né au début de l’année 2025 après une intense tournée mondiale aux côtés de prestigieuses compagnies de danse comme Hofesh Shechter, ce disque captivant cristallise un besoin viscéral de décélération et d’évasion salvatrice. Paton y abandonne la routine quotidienne pour ausculter profondément les états bruts et changeants de la nature. Point de discours politique sur le climat, mais plutôt une observation poétique des éléments, initiant un voyage qui malmène les sens et bouscule notre perception du monde.
Cette exploration organique prend vie dès l’ouverture avec le titre Underground, une plongée souterraine et mystérieuse où les textures électroniques subtiles se mêlent aux premiers frémissements acoustiques. Le voyage s’intensifie de manière spectaculaire avec Fires and Floods, une pièce maîtresse dramatique et contrastée qui met en scène le choc des éléments à travers des montées en tension saisissantes. Enfin, la chanson éponyme When the Water Came vient clore le projet en apothéose, agissant comme une vague sonore submergeant l’auditeur, une somptueuse métaphore de la transformation et de la résilience face aux forces de la nature.
L’enregistrement de ces morceaux a d’abord représenté un immense défi logistique, l’artiste capturant ses premières démos de manière nomade entre un studio de répétition du neuvième arrondissement de Paris et de simples chambres d’hôtels au fil des tournées. C’est finalement du côté de Porto que le projet a trouvé sa cohérence sonore absolue. Le compositeur y a réalisé un authentique rêve d’enfant en collaborant de près avec le prestigieux orchestre Arnema, magnifié par le travail méticuleux et guidé de Ian Dean.
Cette fusion texturée entre une approche artisanale nomade et le souffle grandiose de véritables cordes confère à l’ensemble une dimension cinématographique mémorable. Chaque piste s’affranchit des barrières de genres pour stimuler instantanément l’imaginaire visuel de l’auditeur. Plus qu’un simple recueil de morceaux, cet EP s’impose comme la bande-son idéale de l’invisible, une magnifique invitation organique à s’extraire du tumulte moderne pour contempler la beauté sauvage et mouvante de notre monde.

