Avec son premier EP Awakened Arms, le guitariste néerlandais Marcel Flendrie signe une œuvre instrumentale d’une intimité cinématographique rare. Enregistrés à Berlin au mythique studio Famous Gold Watch, situé dans les sous-sols d’un ancien centre de la Stasi, ces quatre morceaux façonnent un univers d’une grande cohérence atmosphérique. Sous la houlette du producteur Cameron James Laing , Flendrie livre un disque hautement méditatif où guitares, piano et basse s’entremêlent pour capturer l’essence de ses improvisations nocturnes.
L’EP s’ouvre sur le morceau éponyme dans un calme suspendu, porté par un picking acoustique d’une lenteur habitée. Plus loin, la lumière perce de manière plus brute à travers les subtiles distorsions du deuxième titre. Le troisième mouvement, Zen & Chaos lie close together on a bed of thorned Roses , introduit un rythme lo-fi aux accents jazz teintés d’une mélancolie vintage. C’est une dérive hypnotique où l’agitation et l’apaisement coexistent sans jamais chercher à se résoudre . L’œuvre s’achève par le retour d’une guitare épurée, apaisée, illustrant un renoncement salvateur.
Se décrivant lui-même comme le « gardien d’une activité cérébrale accidentelle, irréfléchie et sans direction », Flendrie canalise ses pensées pour leur donner une forme saisissante. Nourri par des influences allant de Jonny Greenwood à Philip Glass, le musicien explore ici la frontière ténue qui sépare nos tumultes intérieurs de la sérénité. Ce projet est né d’un poème écrit dans le train vers Berlin, une quête spirituelle traduisant le besoin viscéral de résoudre le décalage entre le monde intérieur et extérieur.
Au final, Awakened Arms s’écoute comme une confidence sans paroles, une bande-son nocturne idéale pour accepter de lâcher prise. Flendrie réussit son pari en transformant l’improvisation brute en une œuvre hautement narrative et organique. Une révélation indie-rock fascinante qui s’impose comme un voyage sensoriel mémorable.

