Il est des mélodies qui ne se contentent pas de flatter l’oreille ; elles racontent une métamorphose. « Rita’s Song », fruit de la rencontre entre le compositeur Michael A. Levine et Rafaela « Rita » Crevoshay, est de celles-là. Née d’une convalescence imprévue à Los Angeles, cette pièce est devenue bien plus qu’une simple ballade : elle est un manifeste sonore sur la renaissance.
Michael A. Levine a su capturer l’indicible à travers un arrangement d’une sensibilité poignante. Le morceau retrace le périple de Rita, qui a vécu soixante-seize années dans ce qu’elle nomme « une peau empruntée ». Ce récit personnel souligne le passage d’une vie de lutte intérieure à une acceptation totale de qui elle est réellement destinée à être.
Les notes de piano, dépouillées et tendres, servent de canevas à cette narration intime, tandis que les inflexions jazzy du saxophone de Sam Levine apportent une profondeur organique au récit. Cette instrumentation sert d’écrin à la voix magistrale d’Angelica Innocente, dont le timbre s’envole pour illustrer le tiraillement d’un miroir qui ne renvoie jamais le reflet attendu.
La force de cette chronique musicale réside dans sa justesse, explorant la sensation étouffante des journées où le doute consume l’esprit jusqu’à l’éclat de la libération. En osant affronter les ombres du passé, Rita Crevoshay et Michael A. Levine offrent une œuvre universelle sur le courage d’embrasser son identité. Une pièce rare, à l’image des joyaux que la créatrice façonne, où chaque note porte en elle la lumière d’une vérité retrouvée.

