Sur la carte musicale européenne, Vienne n’est plus seulement synonyme de classicisme. Avec “Nochmal”, Antonia XM en offre une lecture nocturne, presque cinématographique. La chanteuse et productrice, figure aventureuse de la scène club et pop alternative, dévoile un titre qui agit comme une traversée : celle d’une ville, d’un état d’esprit, d’un cycle que l’on croyait brisé.
Aux côtés de Kenji Araki, collaborateur régulier, elle construit une architecture sonore précise. Les guitares gothiques s’y déploient avec une élégance tranchante, tandis qu’un beat froid, tendu, avance sans jamais vaciller. Il y a dans cette rythmique quelque chose d’obstiné, presque narratif. On imagine les pas pressés sur l’asphalte, les néons qui défilent, le casque sur les oreilles — et cette sensation familière d’être le personnage principal d’un scénario intérieur un peu chaotique.
Le texte, lui, repose sur une mécanique subtile : un système de chiffres inspiré des jeux d’enfance, comme le serpent et l’échelle. On progresse, on saute des étapes, puis une chute nous renvoie à la case départ. Une image simple, mais redoutablement efficace, pour parler des rechutes émotionnelles et des boucles affectives.
Avec “Nochmal”, Antonia XM ne cherche pas la lumière frontale. Elle préfère les ombres mouvantes des pistes de danse tardives, là où la musique devient un miroir intime.

