Au cœur de Soliloquy, le titanesque double album de ReeToxA, se cache une pépite d’une vulnérabilité rare. Intitulé « Love Keeps Burning Still », ce morceau s’impose comme la pièce maîtresse d’un projet pourtant résolument rock.
Né dans le tumulte du confinement, alors que l’Australien Jason Bill McKee composait frénétiquement jusqu’à dix chansons par jour, le titre exorcise une blessure intime : son divorce avec Lee, son épouse rencontrée à l’Oktoberfest de Munich en 2003. Ironie du sort, c’est l’obsession dévorante de McKee pour la musique qui a brisé leur union. Pourtant, de ce chagrin, l’artiste a tiré une beauté pure.
Musicalement, le morceau est un contre-pied magistral. Délaissant les guitares saturées, McKee tisse un dialogue délicat entre un piano mélancolique, des lignes de cordes poignantes et un chant à fleur de peau. Pour donner cette ampleur cinématographique, l’indépendant a pris un risque fou : diriger un orchestre européen à distance via Zoom. Un pari audacieux qui transforme la chanson en un chef-d’œuvre dramatique, digne des plus grands standards hollywoodiens.
Lorsqu’il a dévoilé la maquette à ses proches dans la ville côtière de Lorne, la stupeur a laissé place aux larmes. « Love Keeps Burning Still » dépasse la simple chronique d’une rupture ; c’est le témoignage organique d’un homme qui consume sa propre vie pour nourrir son art, livrant une symphonie du cœur aussi déchirante qu’immortelle. Un grand moment de musique.

