Originaire du Devon et désormais installée à Londres, l’auteure-compositrice-interprète Saskia confirme son ascension avec son nouveau single, « sickofmyself », paru sous l’écurie Black Butter Records. Déjà remarqué lors de son baptême de scène au Servant Jazz Quarters plus tôt cet été, ce morceau s’impose comme une pièce maîtresse de sa jeune discographie.
À travers ce titre, Saskia sonde les méandres d’un monologue intérieur où le désir de s’isoler devient une nécessité paradoxale. Si les paroles flirtent avec une noirceur introspective — cette impression tenace de ne vouloir habiter nulle part ailleurs que dans sa propre tête —, la production, elle, prend le contre-pied. Porté par une dynamique entraînante, le morceau s’articule autour d’un jeu de « push and pull » fascinant.
Musicalement, l’artiste opère une transition audacieuse vers de nouveaux territoires sonores. En fusionnant trip-hop, cordes luxuriantes et cette signature vocale éthérée qui lui est propre, Saskia tisse un pont saisissant entre l’héritage atmosphérique de Massive Attack, l’élégance dramatique de Labrinth et la précision chirurgicale de James Blake. Le titre oscille habilement entre les textures feutrées du R&B et les pulsations organiques de la liquid drum n bass.
En admettant sa vulnérabilité à voix haute, Saskia libère une énergie lumineuse. « sickofmyself » n’est pas seulement une chanson ; c’est l’exutoire d’une artiste qui maîtrise désormais l’art de transformer ses névroses en une architecture sonore d’une rare élégance. Une immersion nécessaire dans l’esprit d’une des voix les plus prometteuses de la scène actuelle.

