Avec son premier EP Anodyne, l’Écossais Cam Halkerston, alias Satsuma, livre une œuvre d’une autonomie radicale. Multi-instrumentiste total, il signe ici chaque note, chaque mot et chaque réglage d’égalisation, sculptant un son de groupe complet au service d’une vulnérabilité désarmante.
Le voyage débute avec « Ash and Dust », une ouverture d’une délicatesse rare. Cette ballade dépouillée, portée par une ligne de guitare limpide, laisse respirer une voix habitée, installant d’emblée une proximité physique avec l’auditeur. C’est une entrée en matière organique qui rappelle l’approche acoustique d’Alice In Chains sur Jar of Flies, l’une des influences majeures du projet.
À l’opposé de cette introspection, le titre éponyme « Anodyne » muscle le jeu. Plus rythmé, ce morceau s’aventure dans un univers pop-rock plus accessible et solaire, sans pour autant sacrifier l’ADN grunge du projet. Halkerston y déploie une énergie contagieuse, prouvant sa capacité à varier les intensités.
L’EP s’enrichit également de « Love My Lies », où l’on ressent l’héritage de Radiohead période The Bends à travers des guitares saturées contrastant avec un chant volontairement ancré et sincère. « Swallowed » est également une des pépites de ce projet qui n’en manque pas, qui marque les esprits. Le travail sur l’espace et l’atmosphère y est saisissant, utilisant la réverbération pour traduire musicalement l’isolement et l’impermanence.
Satsuma ne se contente pas de recycler le rock alternatif des années 90 ; il le raffine pour panser ses propres plaies. Un premier effort auto-suffisant qui promet une évolution sonore passionnante. Nous allons vous recommander de plonger dans cette belle surprise ci-dessous :

