On dit souvent que le plus dur n’est pas d’arriver au sommet, mais d’y rester. Avec Yo Favorite Trappa Favorite Rappa, Sexyy Red vient de nous prouver qu’elle risque d’en redescendre plus vite que prévu. Pour ce quatrième album, sorti en plein mois d’avril, la rappeuse de St. Louis a sorti l’artillerie lourde côté marketing et production, mais oublie l’essentiel : le talent.
Soyons honnêtes : le disque ne tient debout que grâce à sa colonne vertébrale sonore. On ne va pas mentir, les productions signées Metro Boomin, Tay Keith ou Mike WiLL Made-It sont de véritables pépites. C’est sombre, c’est efficace, et ça tape exactement là où il faut. Si l’on jugeait cet album uniquement sur ses instrumentaux, on frôlerait le sans-faute tant la « crème de la crème » des beatmakers a répondu présent.
Le problème, c’est tout ce qu’il y a autour. Ou plutôt, ce qu’il n’y a pas. Une fois passée l’excitation des premières basses, l’ennui s’installe. Sexyy Red nous livre une performance d’une pauvreté affligeante. Entre des textes répétitifs, des rimes paresseuses et une absence totale de prise de risque, l’artiste semble en pilotage automatique. Là où son énergie brute faisait autrefois office de signature, elle n’offre ici qu’une pâle copie d’elle-même, incapable de suivre la cadence imposée par des beats bien trop qualitatifs pour elle.
Soyons clairs : à part les beats et la production millimétrée, il n’y a absolument rien à garder de ce projet. C’est un album « fond sonore » qui s’oublie sitôt la dernière piste terminée. 18 titres, c’est long, surtout quand on n’a rien à dire. On ressort de cette écoute avec l’impression d’un immense gâchis de ressources. Une compilation d’instrus aurait sans doute été plus pertinente.

