Avec Somnorine, son nouvel album, Skylarka signe une véritable plongée dans l’inconscient. Chaque morceau est né d’un rêve réel de l’artiste, et cela se sent dès les premières secondes : les synthés flottent, la mélancolie s’installe, et l’auditeur est immédiatement happé dans un univers à la fois onirique et poignant.
L’album navigue entre exploration existentielle et sensations tirées des songes, oscillant du doux et contemplatif au presque chaotique. Skylarka réussit à transformer ses expériences nocturnes en paysages sonores tangibles : Half-Remembered, balade synthétique empreinte de mélancolie, contraste avec The Witch House, cauchemar synth-metal qui vient secouer l’auditeur, avant de conclure sur un hymne punk existentialiste, comme pour nous réveiller de ce voyage intérieur.
Ce qui frappe, c’est la maturation artistique de Skylarka. L’influence de Charlie Parker et Bart Howard se fait sentir via l’emploi de contrafacts, notamment sur le quatrième morceau, une réinterprétation inventive de Fly Me to the Moon. Le groupe punk Iron Chic, avec ses textes teintés d’angoisse existentielle, trouve également un écho dans le neuvième morceau, créant une passerelle inattendue entre jazz, punk et synthwave.
Somnorine est plus qu’un album : c’est un voyage émotionnel et introspectif, où l’artiste explore conscience, humanité et acceptation de l’inévitable. Skylarka nous offre ici un disque à la fois vulnérable et audacieux, singulier dans le paysage actuel, qui s’écoute autant qu’il se ressent. Un rêve à écouter les yeux ouverts.

