Avec « Hurt Myself », So Nuriddin livre un titre d’une intensité rare, où chaque note semble pesée et chaque mot, vécu. La chanteuse franco-américaine poursuit son exploration des territoires intérieurs, fidèle à cet univers qu’elle façonne entre Paris et New York City.
Le morceau s’inscrit dans sa signature “Urban-Neo-Spiritual” : une soul contemporaine traversée de poésie rythmique, d’harmonies délicates et de silences éloquents. Ici, la douleur n’est ni dramatisée ni enjolivée. Elle est observée avec lucidité. « Hurt Myself » parle de ces blessures que l’on s’inflige soi-même, de ces mécanismes intimes qui sabotent l’amour et la confiance. La voix de So Nuriddin, profonde et nuancée, glisse entre fragilité et retenue, comme si elle refusait toute démonstration superflue.
L’héritage artistique affleure en filigrane. Fille de Jalal Mansur Nuriddin, membre fondateur des The Last Poets, elle prolonge la tradition du verbe conscient. Mais là où son père portait la contestation politique, elle choisit la révolution intérieure.
Formée à London et passée par le Jazz à Tours, l’artiste maîtrise l’art du dépouillement. La production laisse respirer l’émotion, donnant au titre une dimension presque confessionnelle.
Avec « Hurt Myself », So Nuriddin confirme sa singularité : transformer l’introspection en geste artistique, et la vulnérabilité en force créative.

