Stephen Jacques n’est pas du genre à cultiver l’immobilisme. Fort d’une discographie riche de douze albums, dont deux collaborations marquantes avec le regretté Steve Albini, l’enfant de Charlottesville revient avec une œuvre qui sent l’embrun et la liberté brute : Les Surfeurs de Santa Cruz.
Produit par Jason Narducy et enregistré dans les murs sacrés du studio d’Albini, ce nouvel opus est une fresque cinématographique. Entouré d’un casting de haut vol, Jacques troque les plaines de Virginie pour la mythologie côtière du Pacifique.
L’album s’ouvre sur Surf Spot Steamer Lane, un morceau âpre et organique, véritable plongée dans une culture du surf où le respect de l’océan se gagne dans la difficulté. Le rythme y est aussi puissant qu’une marée haute. Plus loin, She Was the Shoreline dévoile une facette plus mélancolique et atmosphérique, capturant avec une justesse poignante le sentiment d’une romance évanouie, portée par des textures sonores envoûtantes. On peut également citer Twin Fin Dreams vient dynamiser l’ensemble avec des accents plus incisifs et une urgence punk salvatrice, rappelant que l’esprit nomade du disque ne craint jamais de monter dans les tours.
Avec Les Surfeurs de Santa Cruz, Stephen Jacques signe une œuvre traversée par un esprit intranquille. On y sent le sel sur la peau et le danger des vagues. Comme un spot légendaire, cet album est à la fois exaltant, périlleux et, par-dessus tout, inoubliable. Une nouvelle virée électrique que l’on ne saurait bouder.

