Avec « Salaryman », The 53 signe un nouveau chapitre de son répertoire aussi fourni que fougueux. Le duo, adepte d’un rock garage sans artifice, confirme une nouvelle fois sa capacité à composer des morceaux courts, incisifs, qui vont droit au but — sans fioritures ni calculs de production.
Ce titre s’inscrit dans la continuité d’une discographie qui a déjà prouvé le talent de narration du groupe. On se souvient notamment d’un précédent single évoquant les frasques d’un gang de jeunes femmes cambrioleuses à Santiago, preuve que The 53 sait transformer des histoires improbables en refrains percutants. « Salaryman » perpétue cette veine narrative, tout en conservant la texture brute qui fait la marque de fabrique du groupe.
Musicalement, rien n’a changé — et c’est tant mieux. Guitares saturées, rythmique nerveuse, énergie communicative : The 53 continue de miser sur l’instinct plutôt que sur la perfection technique. Cette approche, presque à contre-courant des tendances actuelles de production léchée, confère à leurs morceaux une authenticité rare, presque organique, qui séduit un public toujours plus attentif à la scène underground.
Avec ce nouveau single, difficile de ne pas voir en The 53 l’un des groupes à suivre de près dans le paysage du rock indépendant. Leur formule reste simple mais efficace : embrasser l’imperfection, privilégier la spontanéité, et livrer une musique qui sonne vraie. « Salaryman » n’est peut-être qu’un morceau de plus dans leur catalogue déjà bien fourni, mais il confirme une trajectoire cohérente — celle d’un duo qui préfère l’énergie brute à la sophistication de studio.

