Entre folk déviant, abrasions no wave et décomposition dark ambient, le projet AD Ozium – mené par Jeremy Moore (voix, guitares, boucles, bruits) – publie un single percutant de deux titres : If Membership Is Slumber. Loin des élans évidents de la chanson de protestation traditionnelle, ce disque s’impose comme un document intime et corrosif. C’est une plongée viscérale dans ce que signifie exister au sein d’une structure sociale qui nie, silencieusement mais obstinément, votre propre humanité.
Ici, AD Ozium explore une idée forte : le classisme n’est pas qu’économique, il est ontologique. Quand le système définit la valeur par la hiérarchie, l’exclusion se transforme en effacement purement politique et humain. Le racisme systémique et la destruction des communautés deviennent alors les extensions logiques de cette indifférence globale.
Le premier morceau, Terrorgramophone, s’impose comme un joyau délicieusement trouble. Issu du deuxième album à venir, ce titre vocal navigue avec un élan hypnotique et inventif dans les eaux sombres du psychédélisme noir. À ses côtés, l’instrumental Lifespring (tiré de l’album In The Style of Dead Sparrows) frappe par ses contrastes saisissants. Entre fureur bourdonnante et pulsations spectrales, le morceau offre un aperçu d’un monde fracturé et hallucinatoire. C’est précisément là que les textures du freak folk entrent en collision directe avec la dissonance brute de la no wave.
Plus qu’une simple expérimentation sonore, If Membership Is Slumber agit comme un miroir tendu à nos propres somnolences collectives. Une œuvre nécessaire, sombre, radicale et profondément politique. Nous allons vous recommander de prendre quelques minutes de respiration et de plonger dans cette belle surprise ci-dessous :

