Brandon Mitchell donne le coup d’envoi avec Gametime

Brandon Mitchell entre sur le terrain avec Gametime, un premier album solo qui s’écoute comme un match de haut niveau. Quinze titres, pas un de trop, pour raconter une vie faite de victoires, de défaites, de foi et de fraternité. Le terrain de jeu ? Celui de l’existence. L’artiste y campe un personnage sculpté par l’expérience, dont les cicatrices deviennent des médailles.

Dès l’ouverture avec le morceau-titre, cuivres éclatants et beat conquérant annoncent la couleur : il s’agit d’un combat, mais aussi d’une célébration. Mitchell entre avec assurance, porté par un flow précis et une énergie d’outsider qui n’a plus rien à prouver. Sur “Dirty Dishes”, l’ambiance se fait plus âpre. Le violon grinçant, presque dramatique, croise un piano discret. Le storytelling évoque les meilleurs moments du Wu-Tang, sans jamais tomber dans l’imitation.

Puis vient “Right Back”, beat tranchant et flow cadencé, une ambiance de retour aux sources, la tête haute. Le style est affirmé, la narration limpide. Mitchell alterne les registres avec aisance. “Buried Underneath” impressionne par sa capacité à creuser des vérités enfouies avec pudeur. “What We Doin” fait monter la température : c’est un hymne de voiture, volume au maximum, parfait pour réveiller les trottoirs.

Le projet trouve aussi sa tendresse sur “Brooklyn’s Song”, où la voix de sa fille s’invite sur l’instru. Un clin d’œil émouvant à la transmission et à l’amour filial. La présence d’invités comme Nia Cheri ou Irv Da PHENOM ajoute du relief, mais Mitchell reste le meneur de jeu. On retiendra aussi “Sugar”, entre soul et R&B, et “Highest Wave 2”, un pic spirituel en pleine ascension.

La dernière ligne droite est marquée par “We Already Won”, morceau lumineux, déclaration d’intention : ici, la victoire n’est pas négociable, elle est actée d’avance. L’album se ferme comme il a commencé : en confiance, en élévation.

Avec Gametime, Brandon Mitchell signe un album-manifeste. À la croisée du hip-hop classique et de l’introspection moderne, il transforme ses épreuves en tremplin. Plus qu’un rookie, un capitaine. Et le match ne fait que commencer.

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