Découvrez Damon Davis et Sabaah Folayan, les nouveaux visages du cinéma indépendant

En 2014 le monde s’est ému de la mort de Michael Brown abattu par Darren Wilson, un policier de la ville de Fergusson. On se souvient encore de la vague de protestation, des commentaires twitter, de nombreux articles dans les journaux du monde entier. «Les dernières paroles du jeune homme « Ne tirez pas ! » sont devenues un cri de ralliement international entendu des activistes du monde entier de Hong Kong à Londres. Pour Sabaah Folayan, ce qui a été montré à la télévision n’était qu’une version superficielle et sensationnaliste de la réalité. La plupart des gens qui n’étaient pas sur place sont passés à côté de ce qui se passait vraiment et à quel point les manifestant avaient l’impression de faire bouger les choses. Pour retranscrire l’exactitude de l’événement, un long documentaire est nécessaire car cela permet d’aller plus en profondeur, de revenir sur les conséquences de Fergusson et de corriger de nombreuses inexactitudes véhiculées par certains médias. Quant à Damon Davis, il faudrait  » que ce soit un vrai film qui donne envie de se regarder. Pas un truc qui va nous faire plaisir qui va faire plaisir à notre égo. .. » . C’est ce qu’ils disaient avant de se lancer dans l’aventure Whose Streets.

Whose Streets? from Whose Streets on Vimeo.

Ce documentaire suit sept personnes ayant été acteur du mouvement de protestation de Fergusson dont une infirmière, un recruteur d’une organisation civile qui s’appelle Cop Watch etTory Russell de Hands Up United. Folayan explique : « Nous voulons utiliser ces histoires, nos histoires humaines pour susciter le débat et poser des questions. Nous voulons aussi montrer comment des personnes simples qui tentent de survivre et de donner une éducation à leurs enfants se lancent dans le militantisme, quels sont les sacrifices qu’ils doivent faire ».

Whose Streets représente la première collaboration entre Folayan et Davis qui ont fait de nombreuses choses dans ce milieu même si leurs noms étaient jusque-là inconnus du grand public. Originaire de Los Angeles, Folayan était à l’université de Columbia lorsque les événements de Fergusson ont éclatés, la jeune femme a décidé de s’y rendre pour voir de ses yeux et pour relayer objectivement l’événement. Elle va très vite se rendre compte de la difficulté et va décider de filmer pour ne pas perdre l’essence même de ce qui se déroulait.

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A l’époque, Davis racontait l’histoire de Fergusson de son côté. Il explique : «  Je suis né et j’ai grandi ici dans une communauté noire semblable à celle de Fergusson. J’étais fatigué de voir que cette histoire était racontée par des étrangers qui ne pouvaient pas faire preuve d’empathie car ils ne connaissent pas la réalité et la complexité de ce que nous vivons tous les jours ». Il continue : « Folayan était différente, elle avait compris ce qui se passait. Il y’avait d’autres personnes par exemple, quand tu les voyais, tu pouvais tout de suite savoir ce qu’ils venaient chercher là. Son regard aussi est important car il apporte un regard extérieur. Nous avions vraiment besoin de travailler ensemle ».

Le documentaire a reçu le soutien de nombreux festivals comme celui du film documentaire de Sundace, Tribeca, on espère d’autres à venir.