4.5/10
Annoncé en grande pompe au sein de son triptyque printanier, MAID OF HONOUR de Drake peine à masquer la fatigue artistique d’un géant en roue libre. Alors qu’une partie de la presse spécialisée feint de s’enthousiasmer pour ce virage house-club prétendument audacieux, la réalité de l’écoute s’avère bien plus fade. Ce nouveau projet se révèle être d’une banalité déconcertante, traversé de part en part par une absence cruelle de morceaux forts capables de marquer durablement les esprits.
Le principal point de rupture réside dans le choix de Drake de délaisser le rap pour pousser la chansonnette. Quand la topline n’est pas d’une efficacité absolue, le Drake chanteur devient tout simplement indigeste. Privé d’artifices ou de mélodies transcendantes, l’auditeur se retrouve forcé de se concentrer sur une technique vocale frôlant le néant. On glisse ainsi de piste en piste sans la moindre saveur, à l’image des insipides « New Bestie » ou « Q&A », morceaux jetables qui meublent l’espace sans jamais captiver.
Tout n’est pas totalement à jeter, mais les éclairs sont rares. Le titre « Outside Tweaking », en collaboration avec Stunna Sandy, s’impose comme la seule véritable anomalie positive du disque. Le morceau sort magnifiquement du lot grâce à sa richesse sonore et une identité musicale affirmée qui fait cruellement défaut au reste de l’album. Plus loin, le duo avec Central Cee sur « Which One » saura assurément faire son effet en club grâce à une production solidement boostée et au grain de voix des deux artistes, taillé pour ambiancer les foules. Pourtant, dès que l’on se penche sur une écoute posée à la maison, le mirage s’estompe pour révéler une composition terriblement ordinaire.
En fin de parcours, on esquisse un léger espoir sur « Stuck », dont on apprécie l’instrumental léché et l’efficacité du refrain, avant que des couplets totalement ratés ne viennent gâcher l’ensemble. À ce stade de sa carrière, on n’attendait certes pas de folies de la part du Canadien, qui s’enfonce confortablement dans la lancée paresseuse de ses derniers disques. Mais avec cette œuvre sans relief, Drake signe un projet plat qui confirme que la fête est bel et bien finie.

