Installée à Los Angeles mais originaire du Québec, Enola Bedard n’en finit plus de brouiller les pistes. Si le grand public a d’abord succombé à ses chorégraphies électriques devant plus de 16 millions d’abonnés sur TikTok, la sortie de son nouveau single « Unavez », sous le label DOOGOOD, marque un tournant organique. Ici, la danseuse s’efface subtilement derrière l’autrice-compositrice, révélant une identité artistique de plus en plus affirmée.
Sur une structure pop aux accents R&B et reggaeton, Enola tisse un canevas trilingue — français, anglais, espagnol — qui n’a rien d’un calcul marketing. C’est, au contraire, le reflet fidèle de son parcours nomade. La voix est légère, presque vaporeuse, mais portée par une pulsation rythmique qui trahit son ADN de performeuse : elle ne compose pas seulement pour l’oreille, mais pour le corps.
Thématiquement, « Unavez » explore ce moment de bascule émotionnelle, cette zone grise où l’attirance se heurte à la peur de la vulnérabilité. « C’est un plaidoyer silencieux », confie l’artiste. « Ce moment fragile où l’on espère que l’autre fera le premier pas. » En demandant simplement qu’on lui dise « une fois » (Una vez), Enola rappelle que le sentiment amoureux transcende les barrières linguistiques.
Plus qu’une simple chanson de club, ce titre est une invitation au mouvement, tant physique qu’émotionnel. Enola Bedard ne se contente plus de suivre le rythme ; elle impose désormais le sien, confirmant qu’elle est une artiste multidisciplinaire dont la voix mérite, plus que jamais, d’être écoutée.

