Le nouveau single de Finn Askew possède cette aura magnétique propre aux morceaux qui s’épanouissent une fois la nuit tombée. Avec « Distance », le jeune artiste britannique opère un virage décisif, délaissant la douceur de ses débuts pour s’aventurer dans les zones d’ombre d’un R&B moderne et tranchant. Produit par Ezra Skys — l’architecte sonore dont le nom résonne déjà aux côtés de Central Cee ou Odeal — le titre impose d’emblée une atmosphère électrique, chargée de tension et d’attitude.
Ici, Askew choisit de brouiller les pistes. Loin de la confession linéaire, il livre ce qu’il définit comme un hymne toxique, un jeu de séduction frôlant délibérément le chaos émotionnel. Plutôt que de puiser directement dans son journal intime, l’artiste a travaillé à l’instinct, privilégiant une approche conceptuelle pour capturer une sensation pure : celle de ces heures urbaines où les sentiments s’embrouillent. Le résultat est une pièce de minuit, pensée pour l’adrénaline trouble de laisser l’autre un peu trop profondément épris.
La force de « Distance » réside dans cette capacité à naviguer entre une énergie nocturne et un détachement assumé. Vocalement, Finn Askew atteint une maturité inédite ; sa voix glisse avec une fluidité déconcertante sur une production qui flirte avec l’électronique tout en préservant une âme soul. Après des mois d’expérimentations, il semble enfin avoir trouvé son terrain de jeu idéal, à l’intersection de la pop et d’un R&B plus organique. Ce single n’est qu’un prélude : il pose les jalons d’une mixtape attendue pour avril, confirmant Askew comme l’une des voix les plus instinctives de sa génération.

