Certains disques surgissent comme une tape amicale sur l’épaule en plein milieu d’un orage. How To Manage A Crisis, le premier album du supergroupe italien Gee Whiz!, appartient à cette catégorie rare. Né d’une étincelle nostalgique après le visionnage du documentaire Get Back, ce projet réunit la crème de la scène indie transalpine pour une célébration sonore aussi brute que raffinée.
Dès l’ouverture, le groupe impose sa grammaire : une power-pop décomplexée où les guitares saturées de « Big Fireworks » flirtent avec des mélodies d’une clarté désarmante. Loin d’être un manuel de survie austère, l’album s’affiche comme une explosion de vitalité. Enregistré au Vacuum Studio sous l’œil expert de Bruno Germano, le disque capture cette urgence organique, presque live, qui manque tant aux productions actuelles.
Les influences britanniques sont palpables, notamment sur la superbe ballade psychédélique « Emily », véritable clin d’œil aux Kinks, ou sur l’énergique « The Wake ». Pourtant, Gee Whiz! ne se contente pas de pasticher ses aînés. Il réinvente un rock solaire, infusé d’une ironie salvatrice face au désordre du monde moderne. Entre rythmiques motrices et chœurs fédérateurs, chaque piste semble affirmer que la meilleure façon de gérer une crise reste encore de la transformer en un hymne électrique.
Sorti chez We Were Never Being Boring, cet opus est une bouffée d’oxygène nécessaire. C’est la preuve éclatante que le rock, lorsqu’il est exécuté avec une telle sincérité, demeure le plus beau des remèdes. Une réussite totale pour ce collectif audacieux.

