Après s’être enfermé dans le cocon de la création, le producteur berlinois Benjamin Ruby brise enfin sa chrysalide . Formé à l’Opéra de Paris avant d’explorer le jazz à Londres, cet artiste complet dévoile Éclosion, un second album d’une cohérence rare . Publié chez Terenor Records, ce joyau dream pop s’impose comme son œuvre la plus accomplie .
Ici, la production IDM et électronique s’organise autour d’une voix intime et flottante . L’album s’ouvre sur Solare, un titre lumineux né d’un beatbox trituré au-delà du réel . Ce morceau symbolise la première fissure de la coquille, laissant entrer une lumière salvatrice . Plus loin, le splendide Océan Séché déploie des vagues sonores s’échouant sur des rivages délicats . C’est une poésie moderne où Maury111 utilise habilement le pronom neutre « iel », brouillant les genres avec une infinie douceur . Le voyage s’achève subtilement avec Tanziette, une collaboration envoûtante avec Henri .
Derrière ses textures ambient, l’album explore l’identité avec une sincérité désarmante . Qu’il s’agisse de se connecter à sa féminité intérieure sur Mother of Pearl ou de dompter le destin dans Avenir, chaque piste porte une charge émotionnelle unique . Des textures organiques et des copies vocales pitchées se superposent pour habiller ce désert lunaire .
Éclosion n’est pas qu’un simple disque, c’est une véritable métamorphose sensorielle . Maury111 y signe la bande-son intime d’un monde qui s’éveille, confirmant son statut d’ambassadeur incontournable de la scène alternative . Un voyage onirique, disponible en digital et CD limité, à écouter absolument pour s’évader .

