Originaire de Gaithersburg, Matt Wolejsza livre avec The Beast I’m Meant to Be un premier album qui ne se contente pas de faire du bruit : il exorcise. Fruit d’années de maturation au sein du collectif de compositeurs de Baltimore, ce disque est le témoignage brut d’un artiste ayant étudié les riffs de Metallica comme d’autres étudient les textes sacrés.
L’album s’ouvre sur « Stupidity Gone Viral », un brûlot incisif contre la toxicité des réseaux sociaux. Le ton est donné : Wolejsza utilise sa guitare comme un scalpel pour disséquer les travers de notre époque. Pourtant, c’est dans l’introspection que l’opus trouve sa véritable force. Le morceau-titre plonge sans fard dans les abysses de la dépression et de la perte d’estime de soi, offrant une authenticité rare dans le paysage rock actuel.
Sous la houlette du producteur Tim Boate et du producteur exécutif Brian Feinstein, les compositions gagnent en relief. Si l’influence thrash est omniprésente, Wolejsza s’autorise des détours plus vulnérables, à l’image de l’émouvante ballade « One More Hug », hommage vibrant à sa chatte Bonnie. Cette capacité à passer de la fureur électrique à la douceur acoustique démontre une polyvalence acquise au fil d’un long processus créatif.
Plus qu’une simple collection de chansons, cet album est le fruit d’une persévérance artistique et d’une collaboration communautaire solide. Matt Wolejsza ne se contente pas de jouer du métal ; il sculpte ses cicatrices pour en faire une œuvre résiliente et profondément humaine. Une première sortie qui marque le début d’une mue nécessaire.

