Le nouvel EP de l’Américain Javi, Solomon, résonne comme le doudou mélancolique dont notre année 2026 avait besoin. Co-écrit avec Cale Hawkins (Charli XCX, Raveena) et mixé par l’ingénieur oscarisé aux Grammy Matt Sim, le morceau-titre explore les retombées toxiques du love bombing. C’est une étrange descente émotionnelle où cohabitent les regrets amers et les derniers pics d’oxytocine.
Visuellement et vocalement, le projet impressionne. Javi réussit le pari d’ancrer sa proposition entre R&B intemporel et modernité brûlante. Imaginez un enfant spirituel de George Michael et Sade qui composerait de la soul teintée d’émo-pop. La production, à la fois fluide et atmosphérique, flirte avec les textures contemporaines de Kali Uchis, Snoh Aalegra ou The Weeknd, sans jamais renier la profondeur organique d’une Lauryn Hill ou d’une Jill Scott. C’est intime, texturé et profondément cinématographique.
La pièce maîtresse reste le pont musical de Solomon. Conçu dans la pure tradition des grands classiques du genre, il fait grimper la tension dramatique avant de la libérer dans un dernier refrain cathartique. Déjà porté par le succès du single Late Night Senses, ce mini-album trouve naturellement sa place dans nos playlists nocturnes, entre mélancolie douce et sensualité contemplative. Javi ne se contente pas de chanter la rupture : il en extrait une œuvre d’une grande maturité. Un artiste à suivre de très près.

