Il est de ces disques rares qui refusent catégoriquement les artifices de notre époque moderne. Avec leur nouvel opus, les musiciens signent un album brut, profondément viscéral et totalement dénué de tout remplissage superflu. Enregistré avec soin sous la houlette bienveillante de Dave Shalloe au sein des Creative Studios dans le comté de l’Essex, cet enregistrement magistral saisit un groupe soudé au sommet absolu de sa cohésion collective et de sa maturité émotionnelle. Ici, aucune intelligence artificielle n’est tolérée ; seule subsiste une authenticité farouche où chaque note transpire la réalité du vécu.
Porté par la plume habitée de Mike O’Leary, le projet s’articule autour de compositions affûtées, constituant déjà la colonne vertébrale de leurs prochains concerts. L’honnêteté y est désarmante, notamment sur la sublime chanson-titre, née dans la douleur après le décès de la mère du chanteur. Ce morceau central explore nos origines spirituelles ainsi que les illusions du quotidien avec une pudeur bouleversante.
Ailleurs, la mélancolie douce-amère du titre « Heartbreak Tale » dissèque la dissolution des relations amoureuses, tandis que l’épopée poussiéreuse de « Rainbow » captive, et que l’hymne d’évasion « Rodeo » crie un besoin viscéral de liberté. Le groupe refuse le compromis pour offrir des histoires brutes, préférant l’impact des instruments traditionnels aux fioritures numériques actuelles.
Le groupe ne triche jamais. Ces merveilleux artisans du rock façonnent une musique organique qui s’écoute religieusement. C’est une invitation poétique à ralentir, à fermer les yeux, les pieds levés, un bon verre de vin à la main, pour savourer la qualité du songwriting. Une œuvre d’une résonance rare.

