Avec Shadow, The Northside Pleasure Club signe un album de rock organique et intemporel. Charlie Coupland y tisse une riche tapisserie sonore. Il puise ses racines profondes dans le folk, le rock et l’Americana. On y décèle l’esprit des Rolling Stones, de Tom Petty ou des Travelling Wilburys. C’est le fruit d’une vie entière passée à digérer le rock des décennies quatre-vingt et quatre-vingt-dix.
Cet opus ausculte notre monde contemporain avec acuité. Le morceau-titre, Shadow, instaure une atmosphère de guerre froide. Il dépeint un univers de surveillance, d’espionnage et de données précieuses volées. Un antagoniste de l’ombre y avertit le public de ne pas percer ses secrets. Pourtant, une lueur d’espoir persiste à travers ces temps troublés.
En contraste total, One in a Million dévoile la facette tendre de Coupland. Cette vibrante déclaration d’amour à sa femme Veronica s’élève grâce aux chœurs magnifiques de Kavisha Mazzella. La plume de l’album cultive une saveur poétique. Elle s’inscrit dans une tradition textuelle forte, mêlant des images familières à une subtile dose d’ambiguïté.
L’écrin sonore s’avère tout aussi soigné. Enregistré au Soundpark Studio avec des microphones, amplificateurs et claviers vintage, le disque respire l’authenticité de l’analogue. Ce travail d’orfèvre doit beaucoup à l’expertise indispensable de Colin Wynne, du studio 30 Mill à Melbourne. Son mixage et son mastering minutieux lient l’ensemble. Ils transforment ces sessions en une œuvre cohérente, hautement évocatrice, comme nous vous allez être emportés dans cette belle pause musicale.
Shadow s’impose ainsi comme un magnifique voyage musical poignant. Le groupe y dompte brillamment les fantômes du passé pour mieux éclairer les obsessions de notre présent actuel.

