Certains morceaux n’attendent pas votre permission pour s’installer confortablement sous votre peau. Le nouveau single de l’artiste chicagolaise Softmax, humblement baptisé « Don’t Think About It », est de cette trempe-là. Loin des productions pop jetables qui saturent nos bandes passantes, ce titre s’impose comme une véritable dérive nocturne, à la fois sombre et magnétique.
Dès les premières mesures, une production downtempo enveloppante, co-signée avec Samuel Hudgens, pose le décor. On y avance à tâtons, guidé par une voix d’une justesse désarmante, capable de basculer d’un murmure confidentiel à des envolées presque hypnotiques. Softmax y dissèque l’obsession amoureuse et le poison du doute avec une lucidité brute. C’est le récit universel de cette spirale mentale où l’injonction de « ne pas y penser » devient précisément le moteur de nos insomnies.
Mais la véritable magie de cette chronique d’une rupture annoncée réside dans son audace organique. Là où d’autres se seraient contentés d’une boucle électronique linéaire, Softmax choisit de briser le moule. L’outro, magistralement arrangée par le musicien Raven Bush, déploie un orchestre de cordes d’une mélancolie déchirante. Le synthétique s’efface alors au profit du vivant, élevant ce morceau de dark pop au rang de bande originale d’un film noir moderne.
Une œuvre viscérale, hautement addictive, qui prouve que la pop a encore des secrets à nous chuchoter.

