Certains morceaux s’écoutent, d’autres se vivent comme un souffle d’air brut. Avec The Endless Way, le groupe britannique Tankus — que l’on appelait jadis Tankus the Henge — signe bien plus qu’une simple piste : c’est un véritable manifeste de liberté. Extrait de l’album Valley of Distraction, ce titre capture l’essence même de ces bêtes de scène, façonnées par le pavé des rues et le vacarme des fêtes foraines plutôt que par les conservatoires étriqués.
Dès les premières mesures, l’ADN du groupe saute aux oreilles. Loin des productions aseptisées qui inondent les ondes, The Endless Way transpire l’authenticité. On y sent l’urgence, la sueur des tournées européennes et cette irrépressible envie de faire les choses à sa propre mesure. Jaz Delorean, au chant, y insuffle une énergie viscérale, transformant chaque strophe en une déclaration d’amour à la route et aux errances infinies.
Musicalement, le titre navigue avec une aisance déconcertante entre la fougue brute du rock et ces textures cuivrées qui ont fait la marque de fabrique du collectif. Rien ne sonne faux, rien n’est calculé. C’est un hymne organique, pensé pour être hurlé en stéréo au fond d’un van ou sur les planches d’un club surchauffé.
À l’heure où l’industrie musicale cherche trop souvent à lisser ses aspérités, Tankus rappelle avec brio que le vrai rock est une affaire de tripes, de kilomètres avalés et de passion indomptable. Une échappée belle salvatrice.

