S’il fallait résumer l’univers de The Paradise Riflebirds en une formule, ce serait l’art du vertige. Avec « Much Doom », le projet collaboratif livre la pièce la plus courte et accessible de son nouvel album, sans pour autant sacrifier sa densité magnétique. C’est un joyau de folk sombre et onirique, une porte d’entrée trompeuse vers un labyrinthe sonore beaucoup plus vaste.
Le clip, réalisé par Raven Strauss, fait basculer le morceau dans une autre dimension. Filmée en novembre 2025 à Caracas, au Venezuela, la vidéo déploie une tension psychologique étouffante. Une femme en costume, installée dans un café, y observe sur son écran le flux en direct d’un couple dansant dans un parc voisin, un voyeurisme mystique où ses regards semblent rendre la danseuse malade à distance.
Cette narration cryptique résonne aujourd’hui de manière presque prophétique pour l’auditeur. Ce face-à-face visuel prend un sens profondément troublant à la lumière des événements qui ont secoué la capitale vénézuélienne quelques semaines seulement après le tournage. L’œuvre capte ainsi, malgré elle, les tensions d’une réalité qui a fini par dépasser la fiction.
Musicalement, le titre envoûte par ses textures hybrides nourries de collaborations tunisiennes et salvadoriennes. « Much Doom » s’écoute comme la bande-son d’un film noir moderne où la beauté mélancolique se mêle à une sourde menace. Les Paradise Riflebirds signent ici une œuvre organique et hautement recommandée pour vos fins de soirée introspectives.

